La chose

Chaque événement, chaque rencontre a sa raison d’être. Ils sont des rendez-vous précis que le destin a minutieusement orchestrés. Le hasard est un mot qui a été inventé pour nous laisser croire que nous avions une part de choix dans nos vies. En réalité, le hasard est un leurre. Tout comme la mouche attire le poisson au bout de la canne à pêche, tôt ou tard on se fait avoir.


Qui est le maître du jeu ?


Des forces obscures dont il vaut mieux oublier l’existence si on ne veut pas finir fou.


Vous doutez, n’est-ce pas ? Eh bien cher lecteur, je vous propose de découvrir cette histoire... Après vous jugerez :


John déambulait à travers les allées des antiquaires de l’Isle-sur-la-Sorgue quand soudain il dénicha une petite merveille : Un gigantesque miroir XVIIIème siècle. Il était magnifique et étrangement attirant. Tout de suite, il l’imagina sur le mur du salon de la maison qu’il voulait mettre en location. Vraiment, il serait parfait !


Il ne discuta pas le prix. Mais au moment de payer, il se passa un événement qui aurait du l'inciter à reposer l’objet là où il l’avait trouvé. Une vieille dame s’était approchée et lui avait dit :


- Vous ne devriez pas acheter ça ! Y a le mal là-dedans! Je le sens !


Devant l’air moqueur de John, elle s’en était allée en haussant les épaules.


Quelques heures après cet incident, John accrochait l’encombrant miroir. Enfin, il passa une annonce pour louer cette maison.


Il n’en fallait pas plus pour sceller le sort ! Quelques jours plus tard, à 500 km de là, un jeune couple, n’allait pas tarder à louer une maison...


Lecteur, je suis sûre qu’à ce stade, vous commencez à sentir les choses venir. Sans doute, hésitez-vous à poursuivre votre lecture car à force de me lire, vous savez que j’aime vous faire trembler, angoisser, transpirer... Finalement vous êtes comme John, malgré votre hésitation, quelque chose vous pousse à aller plus loin... Est-ce une bonne idée ? Pour le savoir, il n’y pas d’autre solution que de lire la suite de cette histoire. Revenons donc à ce jeune couple et voyons ce qui va se passer pour lui :


Anthony, ce matin-là, s’était levé en essayant de faire le moins de bruit possible. Il rêvait qu’Annie récupère. Ces derniers temps, elle était fatiguée et nerveuse. Mais en réalité, son épouse n’était pas du tout en train de se reposer. Elle luttait ! Immobilisée dans son lit par une force inconnue, elle subissait les assauts d’une créature répugnante.


D’abord Annie l’avait sentie roder. Mais elle s’était dit qu’en ne bougeant pas, elle finirait peut-être par s’en aller. Hélas, elle avait sous-estimé, et la situation, et la bête.

Non seulement elle l’avait repérée, reniflée mais elle l’avait effleurée avant de se cacher quelque part dans le noir de la chambre.


La jeune femme, paralysée, sentait que chaque particule de matière qui l’entourait transpirait le mal. Elle aurait voulu appeler à l’aide, hurler, se sauver mais rien n’y faisait. Quelque chose avait cloué son corps entier au matelas. Elle était comme enterrée vivante dans son propre corps. Son cœur battait une mesure rapide, donnant à cette musique de folie un air effroyable.


La créature, dans le silence de la chambre, patientait. Elle avait pourtant l’envie folle de se jeter sur Annie. Mais elle n’en fit rien !


Ami lecteur, vous demandez-vous pourquoi ? Je vais vous répondre : Parce que le plaisir est plus intense quand on laisse le désir grandir ! Il n’y a rien de plus excitant que de s’asseoir dans une cuisine pour humer les vapeurs qui s’échappent d’un plat qui mijote. Quelle merveille quand les sens s’éveillent ! Quelle jubilation quand les glandes salivaires dégustent la tendre chair que les dents ont déchiquetée...


Donc, pour que le festin soit inoubliable, il fallait que la créature attende, encore et encore. Elle voulait que sa proie fût suffisamment terrorisée pour se jeter dessus.


Soudain, n’y tenant plus, elle bondit sur le ventre chaud d’Annie. Elle planta ses crocs acérés au plus profond de sa peau. Elle arracha, dévora la chair tendre et se pourlécha du sang qui coulait à gros bouillons.


La douleur fut d’une violence inouïe. Annie supplia mentalement la bête de la laisser mais rien n’y fit ! Bien au contraire. Plus furieuse que jamais, par un étrange processus, elle s’engouffra dans le corps frêle en se liquéfiant en une sorte de poison brûlant.


La bête devint une substance immonde dans le corps de la frêle jeune femme. Annie eut l’impression que de la lave incandescente avait été injectée dans chacune de ses veines, transformant ainsi son corps entier en torche vivante.


Phénomène incompréhensible : Ses larmes ne coulèrent pas de ses yeux mais suintèrent des murs de sa chambre. Au début, ça ressemblait à une fine pluie d’été mais, au fur et à mesure que les douleurs s’intensifiaient, ces goulettes transparentes se transformaient en cascades monstrueuses de sang.


Vision abominable, presque apocalyptique.


La créature avait pris possession du corps d’Annie. Elle la fit se lever et déambuler contre son gré sur ce lagon rouge écarlate. Chaque pas était une épreuve, une lutte. Annie n’arrivait plus à définir si elle était morte ou vivante... Une chose était certaine, elle était terrifiée et son corps entier n’était que douleur.


La bête l’obligea à avancer, encore et encore...


A moitié nue, le visage blafard, les jambes barbouillées de sang et un trou béant au milieu du ventre, Annie observa son bras se lever et tourner la clenche de la porte de la chambre. Tel un spectre sortant de la tombe, elle s’avançait par à-coups vers Anthony qui fumait sa cigarette sur le balcon de l’appartement. Elle sentait au plus profond de son être qu’elle allait commettre l’irréparable. Elle aurait aimé crier « sauve-toi. » mais elle n’y arriva pas.

Elle comprit pourquoi en passant devant un miroir : Ses lèvres étaient scellées, plus précisément cousues par un fil de fer rouillé. A chaque coin de sa bouche, des larves grouillaient. Annie eut envie de dégueuler.

Comment était-ce possible ? Comme le reste, Annie n’en savait rien. Tout ce qui se passait lui échappait et puis, de toute façon, les douleurs étaient si atroces qu’elle n’arrivait plus vraiment à penser.


Elle vit alors Anthony se retourner et sentit que quelque chose d’effroyable était sur le point d’arriver. En effet, la bête la projeta violement contre son mari qui bascula dans le vide.


La jeune femme impuissante vit son époux tomber tandis que la bête, elle, jubilait ! On aurait presque pu l’entendre rigoler ! La chute sembla durer une éternité. Et au moment où son crâne se fracassa sur le béton froid, le cœur d’Annie explosa!


Enfin, elle hurla et se réveilla... dans son lit.


Trempée de sueur, le cœur palpitant, elle mit quelques minutes à réaliser qu’elle venait de sortir d’un épouvantable cauchemar. Elle alluma la lumière et tenta de reprendre ses esprits. Elle appela Anthony qui arriva en trombe dans la chambre.


Immédiatement, il comprit. Il la prit tout contre elle et lui caressa les cheveux. Doucement, il lui dit qu’elle avait besoin de vacances et lui proposa de partir.


Annie refusa puis, sur l’insistance d’Anthony, finalement accepta. Elle n’osa pas lui avouer qu’elle avait un mauvais pressentiment. Non, elle n’osa pas lui dire car tout cela ne tenait pas debout.


Et honnêtement cher lecteur, sans doute aurions-nous tous eu la même réaction ! On ne repousse pas une semaine de vacances parce qu’on fait des mauvais rêves, n’est-ce pas ? Et pourtant...


A midi, Anthony débarqua dans la cuisine, heureux ! Il avait trouvé le lieu : Une grande propriété à louer dans le Vaucluse. Il sortit une feuille A4 et la colla sous le nez d’Annie qui lut :


Maison de caractère à louer en plein cœur du Lubéron. Vous apprécierez le bassin de nage au milieu d’une végétation luxuriante. Quant à son intérieur, vous serez tout simplement charmés par plusieurs belles antiquités. Contactez John. Il se fera un plaisir de vous répondre dans l’heure !


C’est vrai que les photos étaient prometteuses ! Et puis Anthony était si enthousiaste qu’elle sourit et lâcha : « Ok c’est parti ! »


Trois jours après, ils étaient sur place, chez John qui les accueillit d’ailleurs très chaleureusement.


En entrant dans le jardin, la jeune femme fut saisie par la hauteur de la maison ! Elle était vraiment gigantesque ! Au moins trois étages ! Une vigne couvrait pratiquant la totalité de la façade. Ca lui donnait un caractère particulier.


Le lieu était réellement charmant. Tout avait été aménagé avec goût. Annie aima ce fameux bassin de nage, cité dans l’annonce. Il était revêtu d’une chaux orangée entourée de mosaïque vert turquoise. Le jardin était agrémenté de lauriers roses, de lavande et de bougainvilliers.


Sur la gauche, un arbre attira son attention : Un olivier ! Son tronc était large, ses branches lourdes ressemblaient à des muscles puissants, sculptés par la force du temps. Il était magnifique et rassurant. Un vrai seigneur ! La jeune femme caressa son écorce avec un infini respect.


Sur le vieil arbre, les cigales chantaient.

Dans le ciel, le soleil riait.

Annie se détendit un peu...


John était resté avec Anthony à l’intérieur de la maison. Il lui avait donné mille indications sur le fonctionnement de la demeure puis lui avait confié les clés. Il trouva étrange que la jeune femme ne soit pas rentrée à l’intérieur pour la visite mais il n’y porta pas plus d’attention que ça. Au bout d’une demi-heure, il s’en alla. Mais au moment où il referma le portail, il eut un mauvais pressentiment... qu’il chassa bien sûr immédiatement.


Il démarra sa voiture et s’éloigna. Plus le temps passait, plus il avait la sensation que quelque chose clochait... Mais quoi ?... Une petite voix lui hurlait de faire demi-tour. Mais, encore une fois, ça n’avait pas sens ! Il se voyait assez mal revenir sur ses pas et expliquer à ce jeune couple qu’il avait la sensation que « quelque chose » n’allait pas.


De son côté, Anthony finissait de visiter la maison. Elle était vraiment énorme ! John lui avait indiqué qu’il y avait un grenier charmant d’où on pouvait contempler les vignes. Il avait hâte de le découvrir...


Annie, elle, profitait du jardin. Elle écoutait le chant des oiseaux et se régalait, par ses frêles narines, des essences fleuries qui flottaient dans l’air. Jamais elle n’avait été aussi consciente de sa propre existence. L’air qu’elle engloutissait à chaque inspiration la remplissait de bonheur. Quand elle rouvrit les yeux, elle contempla le ciel avec une telle intensité qu’elle eut la sensation que c’était la dernière fois qu’elle le regardait.


Elle se leva et entra enfin dans la maison.


A peine avait-elle franchi la porte, qu’elle fut envahie par une angoisse indescriptible. Sa gorge se noua. Autour d’elle, il y avait des meubles anciens, des tableaux de maîtres et des sculptures religieuses.


Elle trouva l’ambiance lourde et oppressante. Alors que son mari faisait toujours le tour de la maison en faisant des « ouah » et des « ooooh », elle, coincée dans la pièce principale, tentait en vain de se raisonner : « Tout va bien. Je suis dans un endroit merveilleux. Il n’y a aucune raison d’angoisser et je vais... » Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que quelque chose la frôla.


Elle poussa un cri et se retourna complètement affolée : C’était un chat. Un chat ! Annie pesta et lui ouvrit la porte pour qu’il s’en aille.


Elle s’avança alors un peu plus dans la pièce principale. Au bout de la salle à manger, elle distingua enfin le salon....


A peine avait-elle dépassé la grande table en merisier qu’elle stoppa net. A quelques mètres d’elle, un gigantesque miroir accroché sur le mur du fond attira immédiatement son attention. Il était démesurément grand et dégageait une incroyable force.


Elle resta un instant bouche bée devant cette œuvre monumentale. Le cadre était particulièrement étrange. Le bois doré à l’or fin avait été finement sculpté et au milieu de fleurs et d’entrelacs, des figures démoniaques apparaissaient. Ce miroir donnait l’impression de sortir tout droit d’un film d’horreur.


Complètement fascinée, la jeune femme s’avança dans sa direction. Quand elle fut près de lui, elle eut l’envie irrépressible de le caresser. A peine le bout de ses doigts avaient-ils enfleuré le bois qu’elle frémit. Elle sentit monter en elle un sentiment bizarre, mêlé de crainte et... de fascination malsaine.


Ce miroir était si ensorcelant qu’elle n’entendit pas qu’Anthony lui criait de la rejoindre. Elle ne fit pas plus attention à la cloche du village qui sonnait. Elle ne remarqua pas non plus qu’un air glacial avait envahi l’espace... Non, elle ne remarqua rien. Plus rien n’existait au monde à part ce fascinant objet.


Après qu’elle eût palpé, caressé, examiné tous les coins et recoins de ce cadre, elle osa enfin regarder son reflet. Ce qu'elle avait jusque là soigneusement évité de faire.


Elle fut surprise. L’image renvoyée n’était pas celle qu’elle avait en mémoire. Habituellement, elle se trouvait physiquement médiocre. Elle trouvait toujours son visage trop anguleux, trop fade. Elle détestait non nez : Trop grand, trop large !... Trop de trop occupait généralement ce visage qu’elle n’aimait pas trop ! Si bien qu’elle ne se regardait que très rarement dans un miroir.


Mais cette fois, c’était différent.

Elle n’avait qu’une envie : se contempler. Elle se trouva belle comme jamais. Elle fut même troublée par l’éclat de ses yeux. Jamais ils n’avaient brillé ainsi. Il y avait dedans des braises ardentes qui ne demandaient qu’à s’embraser.


Elle observa ensuite ses lèvres. Elles étaient charnues, bien dessinées et étonnamment rouges. Elle les trouva, pour la première fois, désirables. Cette bouche était si attirante qu’elle devenait subitement une invitation au plaisir.


Elle pencha la tête légèrement et observa la peau diaphane de son cou. Elle était si délicate, si fragile, qu’elle eut l’envie de la toucher. A peine ses doigts fragiles effleurèrent-ils sa jugulaire qu’elle en tressaillit d’excitation. Dans cette artère battait un cœur magnifiquement vivant.


Vivant et... attirant !


Plus elle se caressait, plus son esprit était envahi de pensées lubriques. Sa part sombre, enfouie en elle, remontait doucement à la surface.


Des questions vinrent la troubler :


Qui était-elle ?

Etait-ce vraiment elle qu’elle observait ?

Et si c’était un piège ?


Impossible ! La raison dit que les miroirs sont des verres recouverts d’argent poli! Jamais ils n’ont été magiques. Ils sont le résultat d’un phénomène physique dont le but est de refléter une image. Un-point-c’est-tout!


A ce moment précis, Annie aurait du faire demi-tour et s’en aller très loin. Oui elle aurait du. Mais voilà, prise au piège comme narcisse, au lieu de fuir, elle s’approcha et se laissa aller au désir...


Elle posa alors ses lèvres sur le verre froid. C’est à ce moment-là qu’elle connut l’effroi. Une voix cruelle sortie des ténèbres lui chuchota : « Je t’attendais »...


Tout comme dans son rêve, elle était sous l’emprise d’une force qui la voulait. Plus moyen de détacher ses lèvres du miroir, elles étaient collées au verre glacé. L’oxygène commençait à lui manquer. Elle eut l’impression d’étouffer. Un air froid pénétra alors dans sa trachée et circula dans tout son corps. Cet air de mort lui donna la sensation de geler à l’intérieur. Quelque chose dans ce miroir aspirait son âme et, par un procédé diabolique, cherchait à prendre possession de son corps. Elle se souvint de son rêve et comprit juste à ce moment-là que le monstre existait bel et bien.


Son corps entier s’ankylosait... Bientôt elle ne sentit plus rien.


Au bout de quelques minutes, Annie n’était plus qu’un esprit effrayé et désarmé. Elle se retrouva coincée dans une dimension incolore et plate. Là, où elle était à présent, Il n’y avait plus de forme, plus de couleur, ni d’odeur.


Plus un seul battement de cœur...


Soudain elle réalisa : Elle n’était plus devant le miroir mais dans le miroir ! Et ce qu’elle vit l’épouvanta : Une âme noire s’était emparée de son corps. Elle comprit immédiatement le drame qui se jouait. La chose qui était devant elle allait tuer Antony ! Elle voulut crier mais rien n’y faisait. Prisonnière de ce miroir glacé, aucun son ne passait.


La chose qui était dans Annie lui dit :


« Ma chérie, je te laisse, je vais baiser ton Anthony ! Ca fait une éternité que ça ne m’est pas arrivé. »


La chose monta lentement les marches les unes après les autres. Elle savoura chaque pas... L’agneau, elle le sentait, était en haut...


Elle pénétra alors dans la première chambre, puis dans la deuxième. Elle flaira, renifla... fit demi-tour... Elle sentait qu’il n’était pas loin et cela l’excita davantage.


Anthony, qui était au grenier, eut la mauvaise idée de crier.


La chose sourit, saisit une vieille paire de ciseaux sur la commode de la salle de bains et se dirigea vers l’escalier du troisième.


Dehors, les cigales avaient cessé de chanter et les oiseaux de voler. Un calme inquiétant avait envahi l’espace. La chaleur, d'écrasante, devenait suffocante.


Au grenier Anthony, complètement inconscient de la tragédie qui allait se produire, fouillait des cartons remplis de vinyles. Il cria à Annie qu’il venait de dénicher une merveille : L’album original des Beatles de 1966 : Revolver ! C’était fabuleux, fantastique, extraordinaire ! Il était comme un gosse découvrant les cadeaux du Père Noël un 25 décembre !


Il était tellement euphorique qu’il ne remarqua même pas que la chose avait pénétré dans le grenier et qu’elle s’était adossée contre un mur décrépit, dans l’ombre. De là où elle était, elle observait, elle salivait... Bref, elle prenait son temps pour que le plaisir soit grand !


Anthony sursauta en découvrant sa « femme » dans la pénombre :


- T’es dingue ! Tu m’as foutu une de ces frousses ! Tiens, regarde ce que j’ai trouvé.


La chose cacha la paire de ciseaux dans son soutien gorge. Elle prit le disque, le regarda puis le posa lentement sur une malle en bois.


Aguicheuse, elle s’avança vers Anthony et lui caressa le sexe. Il fut surpris. Jamais il n’avait vu sa femme comme ça ! Elle était... différente... étrangement entreprenante. Mais il se dit que c’était sans doute l’effet des vacances. Ce n’était pas pour lui déplaire...


Elle l’embrassa avec fougue tout en se collant à lui. Féline, elle frotta son corps contre le sien et déboutonna son jean. Elle le poussa doucement contre le mur, tout près de la fenêtre.


Anthony se laissa faire et fut même excité comme jamais.


Elle se mit à genoux devant lui et, tout en le regardant avec des yeux plein d’appétit, elle le lécha et le suça longuement. Elle prit le temps de passer sa langue doucement sur son gland fiévreux.


Anthony, prisonnier d’un désir presque électrique, eut l’impression de quitter terre. Il ne pouvait plus penser, juste ressentir une grande excitation. Il fallait qu’il la prenne tout de suite. Qu’il plante son sexe au plus profond d’elle.


Il la releva, la colla contre le mur et la prit brutalement. Elle était à sa merci et cela l’excitait encore plus.


Il lui fit l’amour comme jamais. La chose, elle, s’amusait. Elle savait ce qui allait arriver dans quelques instants mais elle attendait qu’Anthony franchisse la porte de l’extase pour que la douleur le fasse bander encore plus fort.


La chose murmura quelques mots salaces à l’oreille d’Anthony. Si bien qu’il redoubla de vigueur. Et au moment même où il jouit en elle, la chose sortit la paire de ciseaux et lui planta d'un coup violent dans la jugulaire !


Aussitôt, elle colla ses lèvres sur le sang qui coulait à flot et but tout ce qu’elle pouvait.

A ce moment là, en bas, le miroir explosa !


Avec une force étonnante, la chose balança le corps d’Anthony par la fenêtre et s’en alla chercher d’autres jeunes agneaux à déguster. Elle en tua cinq dans la semaine qui suivit avant de se faire arrêter. C’est John qui mit les enquêteurs sur la piste d’Annie.


Car pendant ce temps-là, il fut tellement envahi de mauvais pressentiments qu’au bout de quelques jours, il trouva une excuse pour revenir dans la maison de vacances. C’est comme ça qu’il découvrit la dépouille d’Anthony. Il était par terre, nu, grouillant de mouches et de vers.


Il était alors rentré dans la maison pour appeler la police et avait découvert le miroir explosé en mille morceaux. Immédiatement il repensa à ce que lui avait dit la vieille femme: Vous ne devriez pas acheter ça ! Y a le mal là-dedans! Je le sens !


Oui le mal était dedans et, parce qu’il ne l’avait pas écoutée, le mal avait été libéré.


L’histoire d’Annie et d’Anthony fit la une des journaux pendant plus de 15 jours. De nombreux experts furent invités sur les plateaux pour tenter de comprendre la folie de cette jeune femme. Personne n’y parvint vraiment. On l'enferma à vie dans un hôpital psychiatrique et elle tomba dans l’oubli.


Dans l’oubli de tous, sauf de John ! Lui seul connaissait la vérité. Lui seul savait qu’on avait enfermé non pas une aliénée mais un esprit qui avait tout programmé. A partir de ce jour, John écouta les vieilles femmes apeurées...



Cher lecteur,


Si la prochaine fois que vous partez en vacances, vous avez quelques réticences, repensez à cette histoire... Vous aurez peut-être une chance de vous en sortir...

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