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Adolescentes


Dernièrement, j’ai écouté le témoignage de Judith Godrèche. Puis j’ai écouté celui du réalisateur Benoît Jacquot.


Et là, je dois dire que cela m’a fait « tout drôle » : J’ai eu l’impression d’entendre, dans une version différente, une partie de mon histoire ou celle de Vanessa Springora, dont j’ai lu le livre.


Les mots de cette comédienne auraient pu être les miens et ceux de Jacquot, celui du dingue qui m’a fait vivre un véritable enfer alors que j’avais à peine 15 ans !

Le point commun entre Judith Godrèche, Vanessa Springora et moi, c’est que nous sommes nées en 1972 et 1973.  En gros cinq ans après Mai 68 !


En 1988, nous avions 15 ans et ceux qui avaient entre 20 et 25 en 1968, avaient alors entre 40 et 45 ans.


Vous allez bientôt comprendre où je veux en venir...


De longues années ont passé et beaucoup de femmes comme moi sont restées dans le silence. Et puis, à cinquante ans, alors qu’elles savent exactement ce que c’est que d’être une femme et qu’elles voient leurs propres filles grandir, elles regardent leur passé et comprennent enfin ce qu’elles ont subi.


Et elles se disent alors : Ce n’était pas normal !


Bien sûr, il ne s’agit pas de toutes les femmes, ni non plus de tous les hommes, fort heureusement. Et je veux vraiment insister sur ce point. Non, tous les hommes ne sont pas des salauds !


Mais il faut reconnaître tout de même que dans les années 80, dans les « années Mitterrand », les loups pouvaient trouver de la chair fraîche sans que personne ne crie au scandale.


Il y a eu longtemps de la complaisance autour du sujet ! Et même encore aujourd’hui, quand les femmes parlent de ce qu’elles ont subi, elles sont jugées. On les considère même parfois comme des hystériques ou des personnes exagérant des faits finalement pas si graves que ça !


Et pourtant, quand on réfléchit à ce qu’est une adolescente à 14, 15 ou 16 ans et qu’on sait que des hommes expérimentés vont avoir des rapports sexuels avec elles, il y a de quoi s’insurger !


 Non ce n’est pas normal et non, ce n’est pas sans conséquence pour elles.

J’ajoute pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi certaines femmes mettent autant de temps à parler, qu’il faut être forte pour affronter ceux qui vont douter de votre parole ou minimiser vos propos.


La question qui revient souvent est : Est-ce qu’une relation entre un homme de 40 ans et une toute jeune fille peut être saine ?


À cette question, aujourd’hui que je suis une femme, je réponds catégoriquement non !


Pour expliquer ma réponse, je vais définir ce qu’est une jeune fille à cet âge :

Physiquement, une jeune adolescente est souvent mince et ferme. Elle a des formes, tout en gardant des aspects juvéniles.


Psychiquement, elle commence à saisir un peu la vie. Il y a en elle une multitude de sentiments et d’émotions. Il y a de la révolte, de la colère mais également beaucoup de rêves d’enfants. Combien d’adolescentes, même en apparence très affirmées, sucent leur pouce ou ont, serré tout contre elles la nuit, un ours en peluche ?...


À cet âge-là, on rêve de prince charmant. On joue à la femme (Je dis bien, on joue !) mais on ne l’est pas encore. Les jeunes hommes timides ne sont pas leur tasse de thé. Elles cherchent le danger et elles ont le goût du risque. Et c’est là qu’elles se jettent directement dans la gueule du loup !


Car ces hommes-là, je parle de ces loups affamés, au lieu de jouer leur rôle d’adultes en les repoussant et en les renvoyant chez leurs parents, leur ouvrent grands leurs bras pour mieux ouvrir leurs cuisses après et bien souvent, en utilisant la peur et la force !


Ces jeunes filles sont pour eux des jouets, des fantasmes. Leurs assauts sont en réalité un jeu de massacre qu’elles subissent!


Pour avoir vécu l’emprise d’un homme toxique et pervers, je vous assure qu’on ne s’en sort pas indemne. Il faut des années avant qu’on puisse se laisser toucher sans peur.


Dans mon cas, j’ai eu de la chance, j’ai eu des parents qui sont intervenus pas trop tard !  Pour Judith Godrèche et Vanessa Springora, visiblement, tout le monde savait et tout le monde tolérait !


Faut-il rappeler encore les propos qu’a tenus Jacquot à Gérard Miller en 2011 ? Il luidisait clairement qu’il faisait une transgression mais que, dans son milieu, c’était presque normal ! Il y a eu tellement de sales types comme lui, hélas...


Et si on remonte en 1975, Daniel Cohn-Bendit ne disait-il pas, tranquillement, à la télévision, qu’il adorait se faire tripoter par des enfants ?... Écœurant !


J’ai cinquante ans maintenant et quand je repense à ce type qui m’a terrorisée, je peux vous dire que je comprends parfaitement la motivation des femmes qui parlent aujourd’hui.


Je pense fermement qu’elles ont raison et j’espère que ? grâce à elles, il n’y aura plus jamais une seule génération qui soit complaisante avec ce type de relation !

 

 

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