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Pardon les enfants, maman se lâche!

Ils se marièrent, eurent beaucoup d’enfants et vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours...


Et gnagnagni et gnagnagna !


Je ne vais pas tourner autour pot : Je ne peux plus encadrer les héroïnes de contes de fée.


Ce n’est pas compliqué, si je rencontre Cendrillon, je lui fais bouffer ses chaussures ! J’envisage même de me pointer chez Eurodisney pour faire exploser le château de la Belle au bois dormant ! Et boum ! Et paf ! Prends ça dans les dents !


Les seuls personnages des contes de fées qui me sont sympathiques, ce sont les parents du petit Poucet. Eux au moins étaient des gens bien !


Pas de chance pour eux, leur petit dernier était surdoué. Le petit malin, d’un tour de main, a réussi à zigouiller l’ogre et à rentrer au bercail avec les bottes de sept lieues. Vraiment pas de bol ! Mais à la base, faut avouer qu’ils avaient eu de l’idée : Perdre leurs gosses dans la forêt, fallait y penser !


Quand je vous dis que c’était des gens sensés !


Je suis tellement admirative de cette lucidité qu’à ma façon j’essaie d’éveiller les consciences. Par exemple, quand je rencontre des mères avec des petits dans les magasins, je leur susurre dans le creux de l’oreille : « Vous le laissez là, ni vu ni connu et vous vous barrez ! A l’âge qu’il a, il ne pourra pas décliner son identité ! Allez ! C’est le moment ou jamais ! »


Hélas, toujours sous l’emprise des contes de fée, elles me regardent comme si j’étais une folle et je les vois partir en courant, cheveux au vent ! Mon Dieu les pauvres ! Si elles savaient ce qui les attend !


Remarquez, je peux les comprendre car à la naissance de mon premier, quand tante Solange m’a remis en cadeau un mouchoir accompagné d’un petit mot sur lequel était écrit « Courage »... Moi non plus, je n’ai pas saisi le message !


Courage ? Mais pourquoi ? J’ai regardé béate mon petit ange qui me mâchouillait le téton en me disant : Comprends pas !


Aujourd’hui, je réalise! Parce que putain de bordel, n’ayons pas peur des mots, oui il en faut du courage pour être mère !


Être mère, ce n’est pas un rôle, ni un job, c’est un sacerdoce ! Notre Dieu à nous, c’est notre gosse ! Il ne faut pas oublier que c’est le fruit de nos entrailles ! Rien que ça ! Dit comme ça, ça fout les chocottes, hein ? Pourtant je vous assure que j’exagère à peine.


Sous des airs angéliques, l’enfant est en réalité une créature diabolique. Depuis que j’ai compris ça, je les appelle les gremlins.


Les gremlins ?


Mais oui, souvenez-vous de ce film sorti en 1984 où d'adorables bébêtes poilues se transformaient en monstres quand on leur balançait de l’eau.


Eh bien les enfants, c’est pareil. Au début, c’est tout mignon puis à l’adolescence, ça se transforme en créature boutonneuse, odieuse !


Explication par fait concret !


S’il vous plaît, imaginez la scène : Vous avez bossé toute la journée. Vous sortez crevée mais vous allez quand même faire les courses puisqu’il n’y a plus rien à manger pour... les enfants, pardi ! Ces fameuses courses que vous rangerez en rentrant à la hâte dans des placards en bordel. Ensuite, devant votre pile de linge à repasser, complètement lessivée, vous ouvrirez votre courrier. Dedans une lettre du lycée vous réclamant de payer la facture de cantine que vous avez cru payer il y a plus de 3 mois.


Première étape :

Vous appelez fermement mais gentiment la créature boutonneuse qui est dans sa chambre.

Bien sûr, elle ne répond pas.


Deuxième étape :

Vous hurlez dans la maison : « Maaaaaaaaax , viens ici tout de suite ! »

Toujours aucune réponse.


Troisième étape :

Vous montez les escaliers quatre à quatre et vous ouvrez la porte violemment en lui demandant, rouge de colère, où est le chèque que vous lui avez remis 3 mois auparavant !


Et là, celui qui vous a déchiré la chatte, mâchouillé les tétons, empêchée de dormir, fait apparaître rides et vergetures sur un corps devenu flasque, vous répond, téléphone à la main, d’un air outré: « Mais maman, tu crois que je n’ai que ça à penser ? »


Vous soufflez un grand coup. Vous réfléchissez très vite à : Où ai-je rangé la hache ? Pas le temps de lui dire quoique ce soit qu’il vous achève en vous demandant :


- On mange quoi, c’soir ?


L’Ogresse que je suis lui répond :


- Toi et ton frère en ragoût !

- N’importe quoi !


Vous refermez la porte avant de l’étriper et vous courez pour répondre au téléphone qui est en train de sonner :


- ALLO !

- Allo...Martine ? C’est maman.

- Ah.

- Oh toi, ça ne va pas.

- Non .

- Ah.

- C’est Max...

- Ah.

- Je vais le découper en petits morceaux !

- Je note une certaine progression dans tes envies. Le mois dernier quand le proviseur t’a appelée parce qu’il était tout nu dans l’internat des filles, tu voulais l’envoyer sur Mars.

- Mouais. Maman, je voudrais avoir 20 ans et tout recommencer.


Ma mère me répond :


- Eh bien moi aussi ! Sans toi, ce serait les vacances !

- Hein??? Mais comment tu peux me dire ça ? T’es horrible comme mère !

- Pas plus que toi.

- Ça n’a rien à voir. Moi je ne le pense pas.

- Moi non plus... Mais à déclaration débile, réponse débile !

- Bon Ok. Et toi, tu manges quoi ce soir ?

- Ton père !

- Mais enfin maman, on ne mange pas les princes charmants !

- Prince charmant ? Ton père ? Tu plaisantes j’espère ?

- Euh non...

- Ma chérie, faut redescendre ! Les princes charmants, au bout de quelques années, se transforment toujours en citrouilles avariées!

- Comment tu peux dire ça ?

- Parce que c’est vrai !

- Mais qui t’a demandé de me dire la vérité ?

- Toi ! Tu m’as toujours dit que tu m’en voulais de t’avoir lu des contes de fée. Puisque tu veux toujours la vérité maintenant faut assumer.

- Ah...Tout compte fait, ce n’était pas si mal les contes de fée.



Tout ça pour dire que finalement, les contes de fée permettent bien souvent de supporter une certaine réalité. Encore que la réalité que je viens de décrire n’est pas forcément la vérité...

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