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Joyeuses Pâques!

Gégé, le diable et la bonne soeur...

 

Ces derniers temps, le diable s’ennuyait terriblement aux enfers. Son entreprise était tellement bien rodée qu’il n’avait plus rien à faire.  Il faut dire que ses démons, tous plus perfides les uns que les autres, faisaient un travail remarquable ! Le mal était présent partout sur la planète.

 

Bref, Méphisto régnait sur un véritable empire. C’était, comme on dit, une affaire qui roulait.

 

Mais lui, pauvre diable, bien au chaud aux enfers, s’emmerdait ! Il s’emmerdait tellement qu’il  prit la décision de se bouger. C’était donc décidé : comme au bon vieux temps, il irait quérir une âme!

 

Donc, un soir où la nuit était noire...... Le diable se rendit dans une petite ville de province : Burnes les Templiers !

 

Là vivait Gérard, supporter bedonnant de l’équipe de France.

 

Seul dans son appartement au septième étage de la tour des Anges, une bière à la main, il regardait un match de foot de l’équipe de France en se grattant les couilles.

 

Un beauf banal ? Eh bien non ! Malgré toutes les apparences, ce type avait UNE particularité : Sous des aspects de débile profond, il possédait une intelligence spécialement machiavélique.

 

Pour le diable, c’était une remise en route idéale : Une belle âme tout noire rien que pour lui! Méphisto jubilait tellement qu’il en avait la queue toute émoustillée !

 

Chez Gérard, il fit donc une entrée sensationnelle, une entrée terrifiante, une entrée de diable ! Malheureusement cela ne produisit pas l’effet espéré : Gérard s’en foutait !

 

- Je viens te chercher, susurra Méphisto.

 

- Cinq minutes, répondit Gérard en rotant.

 

- Pardon ?

 

- T’as bien cinq minutes ? Va frapper à la porte de l’appartement voisin, on te donnera une bière !

 

Le diable était décontenancé. Autrefois, dès son arrivée, les âmes criaient, hurlaient, imploraient...Mais où allait le monde ? Vraiment, quelle dérive ! Alors, au point où il en était, il alla chercher une bière dans l’appartement d’à côté.

 

Mais à peine avait-il sonné que  PAF Et VLAN   une énorme poêle en fonte s’abattit sur sa tête !

 

- « Salope! », laissa échapper le diable.

 

Pas le temps de récupérer que Sœur Bernadette referma violemment la porte, en lui coinçant la queue !

 

 

Du haut de la tour des Anges, un hurlement se fit entendre à des kilomètres à la ronde. Méphisto, pour la première fois, ressentit une violente douleur pire qu’une crise hémorroïdaire!

 

Le diable réalisa brusquement qu’il était tombé dans un piège : La porte était fermée à clef et aucun de ses pouvoirs ne pouvait fonctionner. Chez cette bonne sœur, il était quasiment coincé à la porte du bon Dieu.

 

Foutue bonne sœur ! Satané Gérard !

 

C’est alors qu’au milieu du couloir, le terrible Gérard fut pris d’un fou rire.

 

- Viens me libère du con ! Ordonna le diable.

 

- A une condition...

 

Vu la situation, le diable n’avait plus d’autre solution que d’écouter la proposition.

 

- Donne-Moi ton empire et tout ce qui va avec. Je veux être adoré ; je veux terrifier !

 

Quel culot !

Ça dépassait tout !

 

Le diable était outré. Depuis qu’il avait créé le monde avec l’autre prétentieux, jamais, au grand jamais, il n’aurait imaginé que les événements puissent aussi mal tourner !

 

C’est ainsi que le pauvre diable fut obligé de donner les clés de son empire à Gérard.

 

Expulsé de son entreprise, le diable déchu dut frapper... à la porte du ciel ! Il fut condamné, pour l’éternité, à vivre au Paradis un véritable Enfer.

 

Mais l’Histoire ne s’arrête pas là...

 

En effet, à peine Méphisto avait-il sonné à la porte du Paradis que déjà les problèmes déboulaient : Il avait fallu ranimer le pauvre Saint Pierre qui, en apprenant qu’il devrait chaperonner le Diable, était tombé dans les pommes!

 

Le problème, c’est qu’il avait, dans sa chute avalé son trousseau de clefs! Et le temps qu’on le lui sorte du gosier, les âmes s’entassaient les unes derrière les autres à la porte du Paradis.

 

Ce fut un véritable bazar. Devant cette gigantesque pagaille, paraît-il que même le bon Dieu, furax de voir le Paradis dans cet état, avait laissé échapper un : « Vain di Diou !!! »

 

Non, vraiment, cela ne pouvait plus durer... Il fallait agir avant que le paradis ne devienne un véritable enfer !...

 

... L’Enfer...

Justement... parlons-en de l’Enfer !...

 

Là-bas, régnait une ambiance décontractée. En fait, quand les démons avaient vu débarquer le fameux Gégé, personne n’avait cru un seul instant à son avenir ! Ils savaient pertinemment qu’il ne ferait pas « long feu »...

 

Plus Gérard ordonnait, criait, hurlait, s’égosillait et plus les démons se marraient. N’est pas Dieu qui veut ! Bien évidement, ils profitèrent de la situation pour ne plus bosser ! Le peu d’âmes cramoisies qui leur arrivaient étaient stockées, au chaud, dans un coin. Pour les démons, c’était le rêve...un véritable paradis !

 

Mais pour Gérard, c’était une toute autre histoire... Il était fatigué, épuisé même et, il faut bien le dire, découragé. Il regrettait amèrement le temps où il regardait ses matchs de foot en buvant sa bière et en se grattant les couilles ! Mais voilà, à part ce fils à papa de Jésus, personne jusqu’ici n’avait jamais ressuscité.

 

A moins que...

... A moins qu’il n’arrive à convaincre ce satané bon Dieu de le faire !

 

Et pour ça, il ne voyait que le principe du chantage... mais lequel ? Il fallait qu’il trouve, qu’il cherche, qu’il dégote LA solution... Mais rien à faire, son cerveau était comme de la compote avariée. Il se mit donc à prier (je sais... ça peut surprendre...), qu’une pauvre âme l’entende !

 

Quand soudain, miracle !...

 

- Qui m’appelle ? demanda une voix un peu nunuche. Y a quelqu’un ? Ouh-ouh, répondez ! C’est moi : Jeanne... Jeanne la pucelle.

 

- Jeanne ? interrogea Gérard estomaqué. Celle qui s’est fait griller par les rosbifs ? Mais qu’est-ce tu fous ici ?

 

- Ben j’ai entendu ta voix .C’est un vieux réflexe : Dès qu’on siffle : je rapplique ! Une vielle habitude, quoi !

 

- Et tu crèches où ?

 

- Au Paradis ! Entre un âne qui pue et un bœuf qui rote !

 

- Et t’appelles ça le « Paradis », toi ?

 

- Ben tu sais, je ne vais quand même pas faire la difficile, j’ai tout de même la célébrité.

 

- Hum... Je peux te demander un truc ? C’est vrai que t’as jamais forniqué ?

 

- Ben ouais.

 

- Et ça ne te manque pas ?

 

- Ben si ! Mais je n’ai pas le droit : j’suis Sainte !

 

- Sainte nitouche ça c’est sûr ! Viens sur mes genoux ma cocotte, j’vas t’expliquer les choses !

 

Et Jeanne, pas farouche, écouta attentivement la leçon. Elle découvrit même les travaux pratiques avec un immmense plaisir !

 

Quand à Gérard, sans le vouloir, il l’avait enfin son chantage ! Il le tenait le bon dieu ! C’est vrai, il avait dépucelé la pucelle et si cela se savait...

 

Dieu rangea donc son orgueil dans sa poche et reçut en audience privée ce mécréant de Gégé. Sur le coup, il refusa, prétextant que le procédé n’était pas catholique... Puis il dut se rendre à l’évidence : Il avait eu assez de scandales comme ça.

 

Il abdiqua.

 

Le diable reprit possession de l’enfer. Le paradis, lui, reprenait doucement ses airs d’autrefois... Quant à Gégé, il fut ressuscité mais sans couilles et sans bière !

 

Il fut aussi condamné à rester cloué devant son poste de télé à regarder toutes les défaites de l’équipe de France, et cela jusqu’à la fin de sa vie !

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